Focus sur le PCI-Express, le LGA775 et la DDR2
Posté le 06 août 2004 à 11:17:08 CEST par Pascal Thevenier
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 La nouvelle norme PCI-Express arrive pour remplacer les anciennes AGP et PCI. Actuellement, seul Intel propose deux chipsets capables de prendre en charge la nouvelle interface. Les jeux de composants i925X et i915P n'apportent pas seulement le support du PCI-Express, ils sont également destinés à prendre en charge la mémoire DDR2 et le nouveau Socket LGA775 essentiellement destiné aux Pentium 4 Prescott. Pour Intel, l'évolution de la plate-forme Pentium 4 n'a de sens qu'en regroupant toutes ces technologies et l'opération de forcing est lancée… Dans le cadre d'un éventuel upgrade vers une configuration PCI-Express, aucune technologie actuelle n'est réutilisable (ou si peu) ! Il semble donc important de faire le point sur tout ce qui a changé !
Imbroglio…
Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui arrive ! Il est vrai qu'entre LGA775, i925XPCI-Express, Prescott, AGP, PCI, Northwood, DDR, Socket 478, DDR2, Socket 939 et i915P, tout n'est pas des plus limpide. Mais ce n'est pas pour autant aussi complexe qu'il y paraît. Quelques explications simples s'imposent.
Le Socket 478 ou LGA : est un moyen de connexion physique du processeur sur la carte mère. Bien entendu, le processeur et le Socket doivent être à la même norme. La différence entre un Pentium 4 ''478'' et un Pentium 4 ''LGA775'' est qu'avec le LGA, le processeur n'a plus ses petites pattes.
La DDR2 est une nouvelle norme de mémoire qui va cohabiter avec la DDR durant un certain temps. Comme toute norme, elle impose des spécificités et celles de la DDR2 sont incompatibles avec la DDR. Aucun espoir de loger un module de DDR2 dans une banque DDR.
Le PCI-Express est également une norme pour l'interconnexion de composants. Le PCI-Express va remplacer l'AGP et le PCI. De nombreuses améliorations sont attendues à l'avenir pour le PCI-Express 16x qui remplacera l'AGP 8x. Il n'y a aucun espoir de faire entrer une carte AGP ou PCI dans un port PCI-Express.
Le Prescott est une nouvelle révision du Pentium 4. Elle succède à la révision Northwood. Malgré une gravure en 90nm, la dissipation thermique est plus importante notamment à cause du cache L2 qui passe à 1Mo (et pour d'autres raisons sur lesquelles nous reviendrons). Le Prescott est généralement moins performant que le Northwood de fréquence égale.
En théorie, rien n'empêche de mettre une révision Northwood du Pentium 4 dans un format LGA pour le placer sur une carte-mère équipée en AGP et de lui adjoindre de la DDR2. Rien sauf un élément essentiel : un chipset ! Le chipset joue un rôle très important puisqu'il permet la communication entre le processeur, la mémoire et les ports (AGP/PCI ou PCI-Express). Or la volonté même d'Intel est ne plus vouloir que des Pentium 4 Prescott LGA775, du PCI-Express et de la DDR2. Le constructeur a donc créé deux chipsets dans cette optique. Les Pentium 4 en Socket 478, l'AGP et la DDR ainsi que les chipsets i875 et i865 pour les interconnecter appartiennent donc plus au passé qu'à l'avenir (NDLR : ce qui ne sous entend pas qu'ils soient déjà dépassés en termes de performances).
Deux mondes…
Le Pentium 4 va se retrouver dans deux architectures différentes. Ceci n'a pas trop d'importance pour une nouvelle configuration. Au niveau de l'assemblage, construire une machine à base de Pentium 4 Prescott LGA775, DDR2, carte graphique PCI-Express et carte mère idoine ou reposant sur un Pentium 4 Socket 478, DDR, carte graphique AGP et carte mère classique, c'est choux vert et vert choux. Par contre, au niveau de l'upgrade, il n'y a aucun espoir avec du tout Intel. Le géant de Santa Clara a séparé ces deux mondes. Pour ceux qui veulent passer en douceur à quelques unes des nouvelles technologies par exemple au PCI-Express mais conserver leur processeur Socket 478 et leur DDR, VIA et Sis proposeront des solutions intermédiaires.
Quant à ceux qui se demandent ce que fait AMD dans ce bateau, la réponse est simple : uniquement des processeurs. Les Athlon 64 qui exploitent aujourd'hui deux Sockets (754 et 940) aboutiront à court terme sur un unique Socket 939. VIA, NVIDIA et SIS se chargeront de faire des chipsets capables de gérer ce nouveau Socket et le PCI-Express. Et la DDR2 ? Non, pas de DDR2 pour les Athlon 64 ! Ces processeurs embarquent le contrôleur de mémoire (alors qu'il est dans le chipset pour toutes les autres familles de processeurs) et AMD n'a pas d'intérêt à évoluer vers ce type de mémoire.
Pourquoi ces changements ?
Même si les processeurs que nous connaissons actuellement sont suffisamment performants pour la majorité des applications, la course à la puissance et surtout la nécessité ''de vendre'' mènent la danse. Aller plus vite, c'est plus de MHz, plus de chaleur à dissiper, plus de puissance à engloutir, des goulots d'étranglement à libérer, etc. Pour les futurs Pentium 4, la DDR actuelle semble limitée et empêcher sa course vers de plus hautes fréquences. Pour les futures cartes graphiques, l'AGP est devenu un goulot d'étranglement. Futures ? Pourquoi futures ? Car aujourd'hui, ces technologies sont plus coûteuses que rapides. En un mot, une configuration identique en PCI-Express/DDR2 n'est pas plus rapide que son homologue AGP/DDR. Demain, ce ne sera plus le cas. Les évolutions en ''AGP/DDR'' ne devraient plus apporter de gains alors qu'ils seront bien réels avec les nouvelles solutions. Nous sommes à présent dans une période charnière, une transition. Ceux qui ont déjà connu du Pentium MMX au Pentium II ou plus récemment du Pentium !!! au Pentium 4 savent qu'il faut parfois (beaucoup) reculer pour mieux sauter.
Le PCI-Express
Nous l'avons déjà écrit, le PCI-Express doit remplacer deux bus : l'AGP et le PCI. La nouvelle norme se veut avant tout modulable et évolutive. Le PCI-Express a été directement conçu comme un bus bi-directionnel adaptable sur une architecture de type série (bus étroit, haute fréquence) en point to point et en canaux. Et tant qu'à faire, ses concepteurs lui ont donné des capacités de branchement à chaud ou hot plug (comme le SATA). L'unité de base du PCI-Express est un canal ou une voie qui offre 500Mo/s au total (250Mo/s dans chaque sens). Contrairement au PCI où les 132Mo/s sont partagés entre les connecteurs, le PCI-Express garantit une liaison avec le taux de transfert maximal entre les deux points (généralement le contrôleur et la carte d'extension). Un parallélisme peut d'ailleurs être fait entre le passage du Parallel ATA au Serial ATA et du PCI au PCI-Express. Là où deux disques se partageaient les 100Mo/s de l'ATA100, les disques durs Serial ATA 150 sont directement connectés au contrôleur avec un débit de 150Mo/s. Un connecteur PCI-Express ne mesure guère plus de 20mm de long et ne comporte que 18 pins de contact. Le PCI-Express est décliné en 2x, 4x, 8x et 16x (pour remplacer l'AGP). Plus tard, il évoluera vers le 32x.
Le PCI-Express en 16x doit remplacer l'actuel AGP 8x qui commence à poser de sérieux problèmes liés à sa conception. L'AGP qui dérive du PCI a été élaboré dans sa première définition réellement effective en 1998 avec l'AGP 2x (l'éphémère AGP 1x date de 1997), puis a évolué vers le 4x pour finalement atteindre le 8x que nous connaissons actuellement. Le gros problème de l'AGP est son côté ''unidirectionnel'' qui offre 2Go/s dans un sens mais seulement 266Mo/s dans l'autre. La parenté entre le PCI et l'AGP fait que les transferts de données entre le GPU et le CPU peuvent être ralentis par des transferts PCI. Le trafic entre le processeur central et la mémoire freinent également les transferts AGP. Certains éléments de la gestion AGP sont réalisés de manière logicielle via le GART. Avec le PCI-Express 16x et des GPU nativement PCI-Express (nous insistons sur nativement), le GART sera intégré au GPU et la communication avec la mémoire se fera en direct sans interférences avec le PCI. La communication entre un GPU PCI-Express natif et le système sera alors totalement hardware et indépendante des autres bus. Il ne fallait attendre aucune révolution des premiers chips graphiques PCI montés sur des cartes graphiques AGP, il ne faut pas non plus attendre des bouleversements avec un chip AGP monté en PCI-Express. Les technologies comme Traffic Classes, No Snoop Attitude ou Relaxed Ordering ne seront utilisables qu'avec la prochaine génération.
Vous trouverez un complément d'informations sur l'AGP, le PCI et le CPI-Express dans notre tests 3D Prophet 9000 64Mo PCI mais aussi dans une présentation de NVIDIA très intérssante (vidéo).
La DDR2
La mémoire DDR2 est la seconde grande nouveauté. Avec le passage de la SDR à la DDR, le taux de transfert a doublé car les informations transitent sur les fronts montants et descendants. La DDR2 conserve ce même principe de communication avec l'extérieur. En interne, elle fonctionne en QDR et ce sont donc quatre informations qui sont envoyées sur chaque cycle. Le bus externe de la DDR2 533 est de 266MHz mais en interne, la fréquence n'est que de 133MHz. Une recette magique pour doubler le taux de transfert en abaissant la fréquence des puces ? Pas vraiment dans la mesure où le revers de la médaille est bien présent avec des timings assez longs. Un point fort de la DDR2 est sa tension de fonctionnement largement revue à la baisse : 1.8v contre 2.5v. Comme nous l'avons déjà signalé, les modules ont changé au niveau physique afin d'éviter l'insertion de DDR2 dans des banques de DDR. Le nombre de contacts grimpe de 184 à 240. Les puces de DDR2 sont de type BGA alors que la DDR est encore principalement au TSOP. A noter que la DDR2 introduit également des technologies assez avancées comme l'Off Chip Driver Calibration (ajustement du signal par le chipset) et les On Die terminaisons (limitation des signaux parasites de retour). Vous trouverez des informations très détaillées dans cet article de Lost Circuits à propos de la DDR2.
Concrètement, la DDR2 400 n'aura certainement pas plus d'avenir que la DDR PC1600. La DDR2 utilisée dans les nouvelles configurations est de type DDR2 533MHz (bus réel de 266MHz) pour un taux de transfert de 4.2Go/s. A titre de rappel, la DDR 400 (bus réel 200MHz) offre une bande passante de 3.2Go/s. Etant donné que cette DDR2 travaille en Dual Chanel, la nouvelle architecture donne un peu l'impression d'enfoncer des portes ouvertes. A l'avenir, cette bande passante phénoménale prendra plus d'intérêt quand les GPU PCI-Express auront un réel besoin d'accès direct à la mémoire (sans plus être tributaire du GART software et des intrusions des données PCI).
Par contre, la DDR2 offre des timings de type 4-4-4 voire même 5-5-5 alors que les meilleurs chips de DDR sont en 2-2-2 (et que 3-3-3 est une valeur banale). Ces timings élevés risquent un peu de pénaliser les performances du Pentium 4 Prescott. Il reste à savoir comment se sortira l'ensemble Prescott – DDR2 – i9x5.
Les chipsets
Intel a mis les petits plats dans les grands pour donner du panache à ses nouveaux chipsets i925X et i915P. Pas de grandes théories au sujet des northbridges. L'i925X supporte uniquement la DDR2 tandis que l'i915P reste capable de piloter de la DDR. Intel a profité du saut de génération pour rendre le dual channel plus souple. Il est à présent fonctionnel dès que la capacité mémoire de chaque canal est égale. Il est donc possible d'utiliser deux modules de 256Mo sur un canal et un de 512Mo sur le second canal. Cette fois, Intel ne met plus en avant une technologie exclusive pour son i925X comme ce fût le cas avec l'i875P et son PAT. Certaines documentations font référence en catimini à un ''opportunistic maintenance commands'' mais plus d'argument massue. Intel conseille l'i925X pour les Pentium 4 EE (série 7).
Mais c'est surtout au niveau du southbridge qu'Intel a mis les bouchées doubles. Les northbridges i9x5 peuvent être appairés aux ICH existants mais aussi à deux nouveaux qui proposent des fonctionnalités intéressantes. Les ICH6R supportent le raid tandis que les ICH6RW supportent le raid ainsi que le Wifi. En outre, la partie audio a été largement revue à la hausse.
Au niveau de la gestion des disques durs, les nouveaux ICH6 sont capables de piloter 6 unités ATA dont 4 SATA et seulement deux disques PATA via un seul canal. Le sempiternel contrôleur de disquettes est toujours présent malgré une mort maintes fois annoncée. Le Matrix RAID est certainement ce qui intéressera le plus de gens. Contrairement aux autres contrôleurs RAID, le Matrix RAID d'Intel permet de faire du RAID 0 et du RAID 1 en même temps avec deux disques ! Ainsi, une partie des disques peut être utilisée en RAID 0 pour augmenter les performances alors que l’autre reste en RAID 1 pour la sécurité. Sans Matrix RAID, il faut au moins disposer de quatre disques pour s'offrir le double confort vitesse et sécurité. L'utilitaire de gestion est très bien fait et permet par exemple de créer un RAID 0 sans embarras par simple ajout d'un second disque Serial ATA.
La partie audio a fait l'objet de soin particulier. Intel remplace la vieille norme AC'97 par un nouvel High Definition Audio. Ainsi, le son est à présent pris en charge en 192kHz / 24bits avec gestion du 7.1 et détection automatique des périphériques connectés. Plus besoin de savoir dans quel jack connecter un micro, n'importe lequel fera l'affaire et se verra automatiquement redéfini en tant qu'entrée ! L'Intel High Definition Audio supporte toutes les normes Dolby et a reçu les certifications THX. Elle permet aussi le mixage et le routage des flux audio vers des sources différentes. En fonction du circuit utilisé pour seconder le codec, C-Media ou Realtek, il y aura certainement des différences au niveau des possibilités. En comparaison avec toute autre carte son embarquée, l'High Definition Audio à base de Realtek de notre carte mère de test nous a réellement impressionnés. Ici encore, Intel a développé une interface bien sympathique pour sa gestion.
La dernière fonctionnalité embarquée est le Wifi dans l'ICH6RW. Cependant, un peu à la manière du codec audio, seule une petite partie est intégrée dans l'ICH. Pour bénéficier du wifi à la norme 802.11b/g, il faudra acquérir une carte complémentaire avec l'antenne. Comme pour les autres nouveautés, Intel a conçu une suite logicielle afin d'aider l'utilisateur dans la création d'un réseau wifi. L'assistant en seulement quatre étapes est à la portée de tous et comprend la configuration NAT, le DHCP et le firewall. Le PC peut devenir au choix un combiné hub – serveur DHCP wifi ou un simple client d'un réseau wifi existant. Les fonctions avancées permettent toutes les possibilités habituelles des réseaux comme les bridges.
Vu l'augmentation importante des données qui seront amenées à circuler entre un southbridge capable de gérer un son aussi avancé, de piloter des disques durs SATA en RAID et d'accueillir des connecteurs PCI-Express 1x à 250Mo/s, l'architecture en hubs introduite par les i8xx a fait l'objet d'une mise à jour. Intel parle à présent d'une Direct Media Interface bidirectionnelle qui autorise des transferts jusqu'à 2Go/s (1Go/s dans chaque sens). L'Intel Direct Media Interface est très comparable à un bus PCI-Express 4x.
LGA contre Socket 478
Un énième changement de Socket pourrait-on dire. Comme le passage du 423 au 478, l'évolution vers un socket avec plus de connecteurs est une obligation pour assurer une alimentation de qualité pour le processeur et ainsi accéder à de plus hautes fréquences. Avec le LGA (Land Grid Array), Intel coupe les pattes du processeur et les déporte en quelques sortes vers le Socket. Tant au point de vue technique qu'au point de vue des coûts de production, il était peu concevable de placer 775 pins sur un processeur. Certes, AMD a poussé le ''vice'' jusqu'à placer 939 pins sur un Athlon 64 mais leur densité donne des sueurs froides lors de la manipulation du processeur ! Le Pentium 4 en format LGA ne craint pas trop les mauvais traitements. Nos craintes émanaient par contre du Socket LGA et des minuscules broches de contact. Pourtant, à l'usage, il n'en est rien. Les nombreux montages et démontages n'ont posé aucun problème. Les opérations sont même des plus simples. Il suffit juste de ne pas aller balader ses doigts près du Socket et de laisser le couvercle de protection si la carte mère n'est pas utilisée.
Prescott ou Northwood ?
Comme nos essais comparatifs l'ont montré, le Northwood est plus rapide que le Prescott. De plus, il chauffe beaucoup moins. Il faut bien reconnaître que le Prescott n'a à l'heure actuelle pas grand chose à offrir si ce n'est un cache de 1Mo qui présente très bien sur papier. Dans la pratique, il permet avec les quelques autres optimisations du die Prescott de bien compenser les pertes liées à un pipeline encore allongé ! Le Prescott est surtout intéressant pour Intel. En effet, sa technologie de gravure en 90nm permet de placer plus de chips sur une galette. Une nouvelle révision du core Prescott est attendue avant la fin de cette année. Gageons qu'Intel saura revoir la dissipation thermique de ce processeur à la baisse.
Dans l'état actuel des choses, nous ne pouvons vous recommander chaudement un Prescott si un choix est possible. En LGA775, le choix ne se pose pas (à l'exception d'un coûteux Pentium 4 EE) ! Signer pour le PCI-Express, c'est aussi signer pour la DDR2 et le LGA775. Et qui dit LGA775 dit aussi Prescott, seule ombre dans ce tableau…
Assembler la machine de demain…
Après ces considérations très théoriques, rien de tel que de plonger dans la mécanique. La carte mère que nous avons reçue est un Intel D925XCV comme son nom le laisse entendre à base d'i925X. Elle comporte un Socket LGA775, 4 banques de DDR2, un PCI-Express 16x , 2 PCI-Express 1x, 4 PCI, 4 ports SATA et un canal IDE. Quelques particularités sont rapidement visibles : un connecteur d'alimentation 24 broches, un connecteur Molex auxiliaire (à utiliser uniquement si l'alimentation n'a pas de sortie ATX 24 broches) et un connecteur 4 fils pour le ventilateur. Le montage du Pentium 4 LGA est un véritable jeu d'enfant et a finalement dissipé nos craintes à l'égard de la fragilité du support. Le montage du HSF est devenu d'une simplicité enfantine. Il suffit de le déposer avec ses 4 plots alignés sur les trous de la carte mère. Ensuite, une simple pression sur les poussoirs suffit à verrouiller le système. Le démontage est tout aussi aisé : tourner les poussoirs de 90° les déverrouille ! Astucieux…
Le HSF est d'un nouveau type. Même s'il reste basé sur un cylindre en cuivre, les ailettes ont à présent une forme beaucoup plus travaillée. Elles sont courbées et semble conçues pour ventiler ce qui se trouve autour du processeur (comme le VRM dont les composants ne sont pas montés à plat mais de manière à profiter du flux d'air). Le connecteur du ventilateur a maintenant 4 fils. Le nouveau venu intervient dans la régulation de la vitesse du ventilateur. Une fois débranché, le ventilateur tourne systématiquement à 2800rpm et grimpe à 3000rpm en charge contre ~1900rpm au repos et une vitesse asservie à la charge en temps normal.
Les deux disques durs Maxtor MaxLine III 250 Go 16Mo SATA natifs livrés dans le kit de démonstration sont tout sauf impressionnants ! Ils chauffent beaucoup et sont très bruyants pour des performances finalement peu convaincantes même en RAID 0. Les taux de transferts sont très élevés mais le temps d'accès est long. Finalement, ces deux disques ne nous ont pas laissé bonne impression malgré des spécifications à l'avenant.
La GeForce 6800 GT PCI-Express a quelques différences en comparaison avec la version AGP. La plus visible est le connecteur PCI-Express 16x qui comporte 164 pins contre 172 pour l'AGP. La différence est en-dessous du radiateur où se trouve le HSI (High Speed Interconnect) de NVIDIA afin d'assurer la conversion des signaux PCI-Express en AGP et inversement. Le port PCI-Express peut délivrer jusqu'à 75Watts. Le connecteur Molex fait place à un nouveau connecteur 12v auxiliaire destiné à délivrer le complément de puissance. Les cartes seront certainement livrées avec un adaptateur le temps que les alimentations soient équipées de la connectique adéquate.
Vous l'aurez certainement compris, une configuration PCI-Express demandera de tout changer dans le cadre d'une mise à jour. L'alimentation ne fait pas exception à la règle à moins de l'avoir des connecteurs molex en surnombre.
Configuration de tests

Le kit de démonstration d'Intel fait la part belle aux performances avec un Pentium 4 EE 3.4GHz. Il est certainement en adéquation avec le chipset i925X mais ne représente vraiment pas la réalité. Nous avons essayé de trouver un autre Pentium 4 LGA775, comme un Prescott 3.0 ou 3.2GHz plus représentatif mais en vain. Pareil pour d'autres cartes graphiques, elles ne sont actuellement pas réellement disponibles. Nous n'avons pas non plus réussi à trouver un Pentium 4 EE 3.4GHz en Socket 478, mais il ne se déniche pas plus facilement qu'un Pentium 4 LGA… Voici donc des résultats qui hélas ne présentent pas beaucoup d'intérêt.
Matériel
Abit IC7-G - Intel D925XCV
Intel Pentium 4 3.40C GHz, 3.40E GHz, 3.40GHz EE, 2.80C GHz
2 x 512Mo Corsair TWINX 3200LL - 2 x 512 Mo DDR2-533 Micron
Maxtor DiamondMax Plus 9 120Go ATA133 - durs Maxtor MaxLine III 250 Go 16Mo SATA
Ecran IIyama Vison Master 403 (synchronisation verticale désactivée)
ATI Radeon 9700 Pro AGP - GeForce 6800 GT PCI-Express
Logiciel
Windows XP SP1 français + DirectX 9.0b
ATI Catalyst 4.50
CPU Mark 99
Super Pi
Gogo'n'Coda
Windows Media Encoder 9
Cinebench 2003
Sisoft Sandra 2004
Business Winstone 2004 et Content Creation 2004
3D Mark 2003 (défaut)
Performances
Etant donné le manque de possibilités de comparaison lié à la disponibilité de cartes graphiques en AGP et PCI-Express, nous n'avons pas poussé les investigations. En se basant sur les tests dépendant principalement du processeur mais sans grande influence du cache L3 (Windows Media Encoder, CineBench 2003, Gogo'n'Coda), le Northwood 3.4GHz en DDR est au même niveau que la solution DDR2 propulsée par le puissant Pentium 4 3.4GHz EE.
Les mesures réalisées avec Sandra 2004 sur la bande passante mémoire montrent qu'actuellement, les débits en DDR ou DDR2 sont limités à 4.7Go/s. Le supplément de bande passante n'est actuellement pas utilisé par le Pentium 4 et ne le sera probablement jamais. Par contre, l'accès direct à la mémoire des futurs GPU PCI-Express devrait donner une raison d'être à ce supplément.


Au niveau des disques durs, le RAID apporte un certain confort dans la gestion des gros fichiers ou pour le chargement des jeux. Toutefois, le temps d'accès n'est pas influencé par le RAID alors que c'est lui qui donne généralement la sensation de vitesse lors de l'utilisation du PC. L'écart au Business Winstone n'est que de 0.6 entre la configuration normale et le RAID 0. Le RAID est certes un plus, mais il ne faut pas s'attendre à trouver un PC transfiguré en usage courant.
Les scores obtenus par la configuration PCI-Express aux Business Winstone et Content Creation 2004 sont de très bon niveau mais essentiellement liés aux bonnes prestations du Pentium 4 3.4GHz EE dont le cache L3 fait merveille.
En 3D, le 3D Mark 2003 laisse apparaître un bien trop faible écart entre une GeForce 6800 GT PCI-Express secondée par le Pentium 4 EE et une GeForce 6800 GT AGP accolée à un simple Pentium 4 3.0GHz que pour tirer des conclusions sur un éventuel gain.
Si la configuration PCI-Express s'en sort très bien face à notre configuration de référence (ou ce que nous avions de mieux à lui opposer), il ne faut pas perdre de vue qu'en pratique, la majorité des acheteurs auront droit à un Prescott LGA et non à un super Northwood avec 2Mo de cache L3… A composants équivalents, une configuration PCI-Express/DDR2 ''Prescott" ne sera certainement pas plus performante que son homologue AGP/DDR. Par contre, la note sera plus salée !
Overclocking, Intel s'y met !
Avec une carte mère Intel, nous pensions trouver porte close de ce côté. Et bien, non ! Intel permet à présent de faire joujou avec ses cartes mères. Rien de transcendant cependant. Si les modifications peuvent généralement se faire à la volée sous Windows via une interface sympathique, l'ampleur des réglages est des plus réduites ! Il est tout juste possible d'ajouter quelques MHz au FSB…
Suite logicielle...
Les logiciels et utilitaires livrés avec sa D925XCV sont particulièrement fournis et complets. Intel Audio Studio permet de tirer parti des possibilités de l'High Definition Audio. L'Intel Storage Utility autorise la création du RAID sous Windows. Mais il faut quand même passer par le setup du BIOS et celui de RAID pour configurer certaines options. Intel Desktop Control Center se charge des possibilités d'overclocking et affiche également des paramètres comme le CAS, le FSB, la charge CPU, etc. Ces différents outils sont assortis avec la même charte graphique qui procure une certaine cohérence à l'ensemble.
Inte14:04 29/07/2004l Desktop Utilities entre un peu en concurrence avec Intel Desktop Control Center dans la mesure où ils rapportent des informations identiques. Cependant, Intel Desktop Utilities doit plus être considéré comme un outil de monitoring. Il permet de surveiller les températures, les voltages, la rotation des ventilateurs, le statut SMART du disque dur, etc. Il sert également d'interface de centralisation de programmes offerts en bundle comme Diskeeper Lite (défragmentation), NTI Backup NOW!, Security Check de Symentec (sécurité) ou encore Stress Test de PassMark Software (test de stabilité). Tous ces éléments constituent une véritable valeur ajoutée.
Conclusion
La configuration PCI-Express telle que nous l'avons testée est performante. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle est animée par un Pentium 4 EE 3.4GHz, un des plus puissants processeurs d'Intel. Les configurations PCI-Express ''du commerce" se retrouveront avec un Prescott moins performant qu'un Northwood et PCI-Express/DDR ou AGP/DDR qui ne modifieront en rien l'équation. Pas de différences donc en termes de performances pour des configurations comparables… Ceux qui attendaient des gains seront déçus d'autant plus qu'il faudra payer plus cher pour accéder à ces nouvelles technologies.
Comme toujours, c'est plus tard que le PCI-Express et la DDR2 montreront leur intérêt. Le PCI-Express 16x est bien plus qu'un PCI sur-vitaminé comme l'est le port AGP. Ce dernier fait d'ailleurs un peu brouillon quand on analyse le fonctionnement du PCI-Express qui ne subira plus les désagréments et ralentissements liés au GART software et aux requêtes PCI qui viennent ralentir les transferts AGP. L'accès direct à la mémoire offert aux GPU PCI-Express devrait permettre d'exploiter le surplus de bande passante offert actuellement par la DDR2 (dont le Pentium 4 n'a que faire).
Intel ne s'est pas contenté le sortir un nouveau northbridge pour gérer le PCI-Express 16x, la DDR2 et le LGA. Le southbridge a fait l'objet d'attention particulière comme la partie audio très réussie (qui contribuera certainement encore un peu plus à la mort des cartes son). Le Matrix RAID est aussi un plus indéniable même s'il reste encore un peu complexe à comprendre pour un nouvel utilisateur.
Dans le cadre de ses propres cartes mères, Intel s'émancipe en se laissant aller à un quelques gadgets d'overclocking (en toute sécurité). Le constructeur offre également une suite logicielle cohérente et intéressante.
Il reste cependant à rappeler qu'un éventuel upgrade en PCI-Express/DDR2 se solde par une mise à jour quasiment totale du PC. A l'exception de l'écran et du boîtier, tout devra être changé, bloc d'alimentation compris. La note sera élevée d'autant plus vu le cours actuel de la DDR2… Il reste aussi le problème de la disponibilité mais il devrait se résorber dès la rentrée.
Les nouvelles technologies arrivent. Comme toujours, elles ne sont pas d'emblée exploitables. Intel semble l'avoir compris et propose de nombreux plus pour motiver les éventuels indécis. Les nouvelles configurations PCI-Express sont également chères mais pas plus performantes. Selon nous, il est préférable d'attendre…
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